Les vieux qui ne peuvent plus marcher qu’à l’aide d’un bâton et qui voudraient ne pas être à charge à leurs enfants ;

Les petits bourgeois qui font leur possible pour vivre de leurs rentes ;

Les jeunes filles du peuple qui, gamines, portaient sabots et bonnet, et qui veulent maintenant bottines et chapeau, qui se promènent quelquefois et travaillent presque toujours, qui ont l’air de rêver de magnifiques aventures mais se marieront, à l’âge de vingt ans, et recommenceront, vers la quarantaine, à porter sabots et bonnet ;

Les jeunes filles riches qui font quatre heures les unes chez les autres, jouent parfois des comédies innocentes et ne s’ennuient jamais ;

Celles dont les yeux rient à tous les jeunes gens qu’elles rencontrent et qui ont toujours l’air de s’offrir ;

Celles qui savent déjà qu’il faut mériter le ciel et que nous sommes ici-bas dans une vallée de larmes ;

Les vieilles filles qui vont tous les jours à l’église et les femmes qui n’ont jamais le temps d’aller à la messe le dimanche ;

La mère Charlotte qui gagnait sa vie à vendre des fruits : cerises en été, châtaignes cuites à l’eau en hiver ;

La mère Nadée qui, tous les soirs, quelque temps qu’il fît, allait chercher dans une maison bourgeoise un seau d’eaux grasses pour son cochon : il ne s’occupait, lui, ni qu’il y eût du verglas, ni qu’il plût à torrents. Il n’était pas le plus à plaindre, dans son toit.