Il n’en revenait pas, que son Jean pût porter des galons. Eût-il été colonel, que le vieux ne l’eût guère plus admiré. Il fut très fier.
Il mangea la soupe du matin avec eux. Il la trouva bien meilleure que celle de la caserne que, pourtant, il mangeait d’habitude avec plaisir. Puis il dit :
— Maintenant, je vais faire un tour, voir les connaissances.
Il faisait tout-à-fait clair. Devant les portes, la neige avait un peu fondu, parce qu’on avait vidé des marmites d’eau chaude. Les poules étaient sorties, mais on n’entendait pas beaucoup chanter les coqs.
Il alla d’abord chez les Prégermain, parce que les Prégermain avaient une fille de son âge qui était pour ainsi dire sa promise. Il se disait qu’elle allait tout de suite remarquer ses galons. Elle s’exclama :
— Tiens ! Voilà le Jean ! Je croyais que c’était seulement pour Noël ?
Il lui répondit comme à sa mère. Prégermain arriva du fond de la cour, et lui donna une poignée de mains. Puis on but un petit verre d’eau-de-vie. Et Prégermain lui dit, comme le père Mijean :
— Alors, te voilà avec des galons ?
De bonheur, il devint aussi rouge que ses deux galons à la fois. Après, il alla de maison en maison. L’aubergiste lui paya une fameuse tournée. Puis ce fut le tour du père Tharé, qui lui avait dit dans le temps :
— Tu sais, quand tu reviendras, n’oublie pas de me rapporter un paquet de tabac de cantine !