— Ma foi, oui, allez !
Ou bien :
— Tiens, madame Peuillot, vous étiez donc partie ?
Mme Peuillot répondait :
— Ma foi, oui, allez ! C’est ma fille qui vient d’avoir un bébé… Vous savez bien, la Louise, qui est mariée à Clamecy… Ils auraient voulu que je reste encore, mais je n’ai pas pu, à cause de Peuillot. J’ai dit à Louise : « Tu connais bien ton père, pourtant. Il n’est pas capable de se faire une soupe ni de balayer la maison. » Allez, madame ! Je vais en trouver, une poussière sur la cheminée, et de la saleté partout !
Et Mme Peuillot se hâtait, tout enfiévrée encore de ce changement d’habitudes, vers son balai, vers son plumeau, vers l’eau qu’elle allait jeter dans la marmite.
La diligence ne traversait la ville, en suivant toujours la grand’rue, que lorsqu’elle contenait des voyageurs à qui des malles, des paquets de toutes formes, empilés sous la bâche de l’impériale, donnaient de l’importance. C’était rare. Aussi ces jours-là, tout le monde arrivait-il sur le pas des portes pour tâcher d’apercevoir, de reconnaître, si c’était possible, de face ou de profil, leurs visages, à l’intérieur du coupé. Tantôt on se perdait en conjectures. Comme il y avait beaucoup de châteaux dans les environs, — des châteaux carrés avec tourelles et allée de sapins qui les relie à la grand’route, — on disait :
— Ce sont peut-être des invités du château de Grandpré.
Mais il y avait, un peu plus loin, le château des Granges.
Tantôt, on n’hésitait pas une seconde. C’étaient des enfants du pays que l’on avait connus allant à l’école des frères, jouant sur les promenades, courant par les rues. Ils avaient grandi, s’en étaient allés gagner à Paris beaucoup d’argent.