Comme nous nous retournions pour le voir, il jugea bon de regarder les cartes et le plafond pour nous bien prouver que la religion ne l’intéressait pas : venant de l’école communale d’où l’on avait retiré tous les crucifix, il savait à quoi s’en tenir. Son père, que tout le monde considérait comme un libre-penseur, étant mort, sa mère n’avait rien eu de plus pressé que de l’enlever à l’instituteur pour le confier aux frères.

Il laissait là-bas des habitudes, un ou deux camarades. Peut-être pensait-il y laisser aussi son sobriquet.

Dès que la prière fut terminée il entendit chuchoter :

— Berlâne… C’est Berlâne…

L’école des frères et celle de l’instituteur avaient beau être situées à une certaine distance l’une de l’autre : le jeudi, les gamins de la ville se réunissaient pour jouer ; chaque matin et chaque soir ceux des villages venaient et s’en retournaient ensemble, sans distinction d’opinions religieuses. On n’ignorait pas dans l’une ce qui se passait dans l’autre.

« Si c’est pour que l’on m’embête ici comme là-bas, pensa-t-il, maman aurait mieux fait de me laisser où j’étais. »

— Dumas, lui dit le frère, mettez-vous là, en attendant.

Il lui désignait la dernière table.

A la récréation de dix heures nous n’eûmes pas plus tôt rompu les rangs que quelqu’un cria :

— Berlâne ! Berlâne !