—Des chargeurs! dit à voix basse Pépin... Des chargeurs boches sur la planchette! Nous sommes dans le boyau boche!
—Mettons-les.
Il y a un élan des trois hommes pour sortir.
—Attention, bon Dieu! Bougez pas!... Les pas...
On entend marcher. C’est le pas assez rapide d’un homme seul.
Ils ne bougent pas, retiennent leur souffle. Leurs yeux braqués à ras de terre voient la nuit remuer, à droite, puis une ombre avec des jambes, se détache, approche, passe... Cette ombre se silhouette. Elle est surmontée d’un casque recouvert d’une housse sous laquelle on devine la pointe. Aucun autre bruit que celui de la marche de ce passant.
A peine l’Allemand est-il passé que les quatre cuisiniers, d’un seul mouvement, sans s’être concertés, s’élancent, se bousculent, courent comme des fous, et se jettent sur lui.
—Kamerad, messieurs! dit-il.
Mais on voit briller et disparaître la lame d’un couteau. L’homme s’affaisse comme s’il s’enfonçait par terre. Pépin saisit le casque tandis qu’il tombe et le garde dans sa main.
—Foutons le camp, gronde la voix de Poupardin.