—Que dites-vous? Je ne vous comprends pas...

—Vous allez voir. Venez avec moi, vous allez nous aider...

—Volontiers.

Et je la suivis.

Un bon nombre de soldats étaient réunis et discutaient vivement, comme pour élucider une question délicate. Tout à coup le calme se fit, et une voix commanda tout haut:

—Rendez-vous à la liane du caoutchouc! c’est le meilleur endroit.

Toute la troupe marcha vers le point de l’îlot que l’on désignait de cette manière. La même voix commanda encore:

—Ouvriers! soyez prêts à passer le pont que nous allons établir sans retard. Il faut fuir devant l’inondation. A la manœuvre!!!.....

Je suivis mon ami, et bientôt nous fûmes arrivés au pied d’un caoutchouc après lequel s’enroulait une liane dont les nombreuses branches retombaient comme celles d’un saule pleureur, et, par le fait, traversaient presque entièrement le courant d’eau qui s’était formé et nous entourait. L’endroit me semblait singulièrement choisi: c’était en amont; et l’eau, en s’y distribuant à droite et à gauche, s’y refoulait et prenait une rapidité terrible.

—Suivez-moi, mouches, et faites ce que vous me verrez faire!