Nous autres oiseaux, nous digérons vite et il nous faut manger sans cesse. La faim se faisait sentir.
Je m’élançai vers l’un des champs moissonnés, pensant que les épis en tombant avaient répandu quelques grains mûrs dont je ferais mon profit. Au moment où je m’abattais dans les herbes, je vis aller et venir anxieusement un oiseau à peu près de ma taille, mais dont la démarche était beaucoup plus rapide que la mienne. Il cherchait à terre quelque chose, et j’avoue que je n’y voyais rien qui valût la peine de ce soin. Je marchai à sa rencontre, et voyant qu’il ne prenait aucun souci de moi:
—Holà! Qui êtes-vous?... demandai-je.
Point de réponse.
—Êtes-vous sourd?
Pas de réponse.
Très intrigué de cette quête affairée, à laquelle je ne comprenais rien, en même temps piqué qu’il ne répondît pas mieux à mes avances, je marchai encore quelques pas vers lui et, le touchant de mon aile:
—Je ne vous veux point de mal, voisin, pourquoi ne me répondez-vous pas?
—Je n’en ai pas le loisir.
—Veuillez au moins me dire comment vous vous appelez?