—Oui, oui, c’est vrai!

—Bien! Proclamons-le donc roi.

—C’est cela! Vive le roi! Vive le roi!

—Très bien. Mais le texte du serment est contre nous. Quant à l’oiseau qui, sans l’Aigle, n’aurait pu atteindre les hauteurs de l’Empyrée, proclamons-le roi aussi! mais Roitelet, petit roi.

—Bravo! très bien! Vive le Roitelet! Vive le Hibou!

—Je demande la parole, fit la petite voix flûtée du Roitelet.

—Parlez, sire; nous vous écoutons.

—Vous avez tort, mes très chers amis; vous préférez l’Aigle pour vous gouverner: ma vengeance sera de vous laisser le beau roi que vous vous êtes donné. Il est certainement plus robuste que moi et que la plupart d’entre vous; vous en sentirez les effets! Mais je suis plus malin que lui, puisque je l’ai dupé sans qu’il le soupçonnât. Pauvre roi!... En vérité, je vous le dis et vous vous en souviendrez: l’intelligence vaut mieux que la force pour gouverner un État!

Cela dit, il s’envola, et on l’entendit murmurer dans les arbres voisins:

—J’aime mieux ma liberté, ô gué! Foin des ennuis du pouvoir! J’aime mieux ma vie, ô gué! mais je garde la couronne, ô gué!!!