—Je ne suis pas semblable à mes pareils, dis-je en me rengorgeant. Je suis un moineau philosophe.
—Oh! oh! oh! mon ami Pierrot; la bonne histoire! Tu es philosophe? Et tu me dis cela sans rire?
—Monsieur, excusez-moi, mais je ne ris jamais!...
—C’est un grand tort. Ah! mon ami Pierrot, que tu as bien dû philosopher tout à ton aise sur la peur; car, du buisson où j’étais, je t’ai vu passer tout à l’heure un cruel moment et te trouver bien près de la serre du vautour. Je crois que ta philosophie ne t’avait laissé que très peu de sang-froid en cet instant-là, car tu t’es précipité comme un fou dans la maison de ce pauvre écureuil!
—Vous avez vu cela?
—J’étais aux premières places.
—Vous me permettrez de dire que ma frayeur était bien naturelle.
—Naturelle... et même surnaturelle, je n’en disconviens pas. Et, à présent, que vas-tu faire, mon ami Pierrot?
—Hélas! je n’ai point encore arrêté ma résolution.
—Arrête-la, arrête-la, Pierrot, mon ami! Cela fait toujours bien.