Afin que votre vigne ait toujours un doux fruit;

Afin qu’un blé plus mûr fasse plier vos granges;

Afin d’être meilleurs; afin de voir des anges

Passer dans vos rêves la nuit!

(V. Hugo.)

Le bonhomme eut pitié de moi, en me voyant sur le dos, les ailes ouvertes et le bec haletant.

—Voilà un pauvre pierrot bien malade! dit-il entre ses dents. D’aucuns disent que ces bêtes-là mangent les fruits et les graines... Moi, je sais qu’ils épluchent mes arbres et qu’ils mangent les chenilles... Aussi je les aime. Quoi! chacun son goût.

Le vieux jardinier s’en fut chercher, derrière un massif d’azalées, une certaine bouteille toujours pleine, à laquelle il demandait des consolations et où il puisait sa philosophie pratique. D’une utilité très contestable en toute autre circonstance, la chère bouteille fut bonne à quelque chose ce jour-là, car il ne m’eut pas plutôt fait avaler quelques gouttes du vin qu’elle contenait, que je me sentis renaître à la vie. Secouant mes plumes, que je sentais ébouriffées et froissées par ma chute, je me remis sur mes jambes et regardai la bonne figure enluminée de mon sauveur.

—Tiens! tiens! mon Pierrot qu’est ressuscité! N’y a que le vin pour ça!...

Et il s’administra une copieuse consolation.