Qu’ajouterais-je?... Il y a longtemps qu’on l’a dit: le bonheur n’a point d’histoire!
L’été finit: l’automne allait venir avec son cortège de brouillards et de nuits froides qui n’étaient salutaires ni pour la mère ni pour la fille. On résolut de rejoindre à Paris le beau-frère de la maman, et de descendre avec lui vers le Midi. On emmenait les domestiques.
Tout entière à ses préparatifs, ma chère maîtresse fut obligée de m’oublier un peu; le temps lui faisait défaut au milieu des emballages auxquels elle présidait, tant pour ses effets que pour ceux de sa mère. Mon eau n’était plus fraîche, ma cage guère propre et mon grain presque épuisé; mais ce dénuement était doré des rayons de l’espérance et recouvert du velours rose de l’illusion. O jeunesse! combien tu es heureuse d’avoir à tes côtés ces deux compagnes fugitives pour jeter un voile sur la réalité de tes dévouements.
Enfin tout fut prêt; la voiture arrivait au bas du perron que je demeurais encore dans ma cage accroché à la fenêtre de Blanche.
Toute la famille était descendue.
Je me sentis oublié!... Un frisson aigu me traversa le cœur. Je crus que j’allais défaillir...
Ce n’était pas le moment de faiblir. Je compris qu’il fallait se montrer, et je le fis.
—Couic!... couic!... couic!... Et ma chanson éclata en un tapage infernal. Je n’oubliai pas en même temps de voleter aux barreaux de ma cage, et:
—Couic!... couic!... couic!...
Blanche m’entendit elle leva les yeux.