—Sois la bienvenue, ma chère sœur! Et toi, ma douce Blanche, viens dans mes bras!...
—Mon frère!
—Mon bon oncle!
Et ma maîtresse était embrassée tendrement par son oncle, proviseur du lycée Saint-Louis, chez lequel nous étions arrivés. Cet oncle, à l’extérieur froid et sérieux, était doué d’un cœur excellent et, n’ayant pas d’enfants, adorait sa nièce, la providence de la famille, comme il l’appelait.
Quand il fut rassuré sur la santé de sa belle-sœur, le bon proviseur donna des ordres afin que les bagages fussent répartis dans les chambres préparées pour les voyageuses. Ce fut à ce moment qu’il s’aperçut de ma présence.
—Qu’est-ce cela, ma bien-aimée Blanche? Crois-tu qu’il manque de moineaux dans les cours du lycée, que tu en apportes un avec toi?
—Oh! mon cher oncle; Pierrot n’est pas comme les autres. Je vous conterai son histoire. C’est mon favori, et il deviendra le vôtre quand vous saurez combien il est intelligent. Il ne lui manque que la parole!...
—Soit! tu es la maîtresse ici!
Et Blanche m’emporta au salon.
Là, recommença cette douce conversation entre parents affectueux s’enquérant les uns des autres.