—Comment pouvez-vous juger cela, vous qui n’avez jamais joui de la liberté?
—Il est vrai: je suis né en cage; mes parents y avaient également passé leur vie, mais il y a au fond de nos cœurs une voix qui chante toujours la liberté.
—Pauvre, pauvre ami!
—Pourquoi me donnez-vous ce nom, je vous connais à peine? Il y a bien peu de temps que je vous vois dans les arbres d’alentour.
—C’est qu’il y a peu de temps que j’ai recouvré ma liberté chérie.
—Racontez-moi comment vous avez fait, je vous prie, me dit le prisonnier.
—Je le veux bien. Peut-être jugerez-vous sévèrement mon escapade, car je crois m’être montré ingrat... Mais, que voulez-vous? Nous sommes ainsi faits que l’immobilité nous est insupportable.
Je lui racontai ma vie, mes malheurs et mes voyages. De ce jour, une amitié solide nous unit.
—Vous avez l’air, lui dis-je, d’avoir une bonne maîtresse.
—Oh! certes.