—Cherchons un passage entre le précipice et le rocher...

—Soit! Toi, reste là et attends-moi...

—Sois prudent!...

Le malheureux partit avec toute la circonspection nécessaire en cette difficile occurrence... Tout alla bien d’abord; le sol était plus compact qu’on ne l’avait supposé au premier coup d’œil, et je me disposais à le suivre; mais arrivé à peu près à moitié route, c’est-à-dire à l’endroit le plus étroit, voilà que son pied heurte un grain de terre qui roule rapide au fond du gouffre... O prodige! ô terreur! soudain, le fond du précipice semble s’animer; une éruption de cendre et de sable s’en élève, retombant sur mon brave compagnon comme une averse pressée...

SOUDAIN LE FOND DU PRÉCIPICE SEMBLE S’ANIMER.....

Moi-même je reçois quelques éclaboussures et je rétrograde sous leur impression; mais mon frère, aveuglé, terrifié, meurtri par ces matériaux qui pleuvent sur sa tête, hésite, chancelle... Il fait des efforts effrayants pour se retenir... puis il roule au milieu des pierres et du sable jusqu’au fond du volcan...

Horreur!... Tout en bas, dans le gouffre, je vois deux énormes pinces pointues, tranchantes, acérées, sortir du sable, s’ouvrir et, saisissant mon frère infortuné, se dédoubler, le couper et le découper, lui suçant le sang en un clin d’œil et rejetant sa carapace vide au dehors...

Un souvenir horrible me revient à la pensée des histoires racontées à la veillée quand j’étais petit...—le fourmilion!!!...