Cependant mon ennemi chevauchait sur ses grandes pattes et gagnait du terrain à vue d’œil... Dans mon trou j’étais, hélas! à l’abri; tous étaient trop larges pour pouvoir y pénétrer; mais à présent j’étais isolé, à découvert... et je fuyais à toutes jambes, quand, soudain, une fissure se rencontre devant moi. C’était la porte du panneau que les matelots avaient renversée sens dessus dessous. Comme elle était bombée, je m’y glisse et m’avance aussi loin que me le permettent et ma taille et ma frayeur.

Hélas! mon ennemi était bien plat, plus encore que je ne me le figurais... Il arriva très près de moi, mais pas assez pour m’atteindre. Je me faisais si petit! J’étouffais, mais, jouant des coudes et des pattes, je fuyais toujours, lentement, mais enfin je m’éloignais. Lui, plus empêché que moi, perdait du terrain, et d’ailleurs nous approchions des bords du panneau, sur lesquels frappait le plein soleil. Déjà je sentais la chaleur bienfaisante de l’astre du jour qui doublait mes forces.

UNE FOURMI DE FRANCE!!...

Je sortis au galop sur le pont, et, voyant une porte entr’ouverte devant moi, je m’y précipitai.

Il était temps! La bête sortait de dessous le panneau...

Alors, elle retrouva ses ailes, auxquelles je ne pensais plus, fit un bond effroyable et me chercha, car, éblouie, elle m’avait perdu de vue...

J’avoue que je ne perdais pas mon temps! Au hasard, je montais le long du pied de la table qui me cachait à elle et bientôt je débouchais au milieu de papiers, de plumes, de crayons, sur le propre bureau du capitaine.

Horreur!... la bête est devant moi...