—Vous dites?...
—Je répète: plus d’une douzaine de mètres de diamètre, et vous avez estimé sa hauteur à soixante centimètres. Avouez, vous qui connaissez les hommes, que leurs plus puissants efforts en bâtisse sont vraiment bien insignifiants si vous les comparez à la taille des architectes.
—C’est vrai, mais comment ceux-ci font-ils?
—Ah! jeune étranger, c’est là le grand secret! Tout provient de la division du travail, érigée en loi que personne ne transgresse! Ces guerriers, que vous voyez passer et qui viennent de recueillir et de chercher les feuilles, ne les placeront pas, ils se contenteront de les jeter sur le sol, laissant à des relais de travailleurs spéciaux le soin de les placer dans un ordre convenable. Ceux-ci s’en saisissent, les arrangent, puis une autre escouade vient les couvrir de petites pelotes de terre, et cela tellement vite, qu’en très peu de temps les feuilles sont cachées sous cet endroit et solidement attachées.
—Cette construction me rappelle celle des Termites.
—Avec cette différence capitale, que le travail est inverse...
—Comment cela?
—Sans doute, les Termites bâtissant beaucoup plus sur le sol qu’ils ne creusent. La Saüba, au contraire, fouit beaucoup plus qu’elle ne bâtit. Ce que vous voyez saillir ici n’est qu’une très faible partie des travaux énormes qui ont été accomplis au-dessous... Vous les visiterez.
—Comment appelle-t-on cette fourmi en langage savant?
—Æcodome cephalotes.