—Oui, monsieur. Cela donnera une belle petite graine blanche que nous serrerons dans nos magasins, après l’avoir soigneusement séparée de la paille, et qui servira à nourrir la colonie pendant toute l’année.
—Et la paille, qu’en faites-vous?
—Nous l’emportons au loin et la jetons au delà des limites de notre ferme.
—Voyons! parlez-moi franc, mon ami, est-ce bien vous qui plantez cette herbe?... Elle vient partout ici, n’est-ce pas?
—Cherchez!... Si vous en trouvez en moisson compacte comme celle-ci, vous reviendrez me le dire et je vous donnerai ce que vous voudrez. Lorsque la récolte sera faite, le chaume coupé et enlevé, vous verrez le terrain débarrassé attendre l’automne suivant, et alors, le même riz de fourmi réapparaîtra dans le même cercle, y recevra tous les soins convenables et... ainsi de suite tous les ans!
—Pas possible!
—Tenez! voyez-vous ce vieux monsieur qui se promène péniblement là-bas?
—Oui. Qu’est-ce qu’il regarde à terre?...
—Nos travaux!... qu’il suit depuis douze ans sans interruption! Nous étions là avant lui et nous y serons encore après lui, toujours jeunes, toujours actives!
—Cependant, les bestiaux, mon pauvre ami fermier, doivent manger avec bonheur vos jolies moissons!