--Prenez garde, chef! je ne suis pas un enfant, et les menaces ne m'ont jamais effrayé. J'accepte le combat; j'ai juré que la chevelure de l'Oeil-Sanglant ornerait un jour mes mocassins... car moi aussi j'aime Fleur-de-Printemps!
En entendant ces mots, le chef des Enfants perdus poussa une exclamation de rage et dégaina son couteau.
Le Castor l'imita.
Les deux Indiens, la tête haute, le visage enflammé, s'observaient du regard, prêts à fondre l'un sur l'autre.
--Non! dit tout à coup Oeil-Sanglant, pas ainsi!... Le poteau de torture aura trois victimes au lieu de deux.
A ces mots, il sortit de la tente en poussant son cri de guerre.
Les Enfant perdus accoururent autour de lui.
--Que mes fils s'assurent du Castor! cria-t-il. Le Castor est un traître!
Les Enfants perdus obéirent; mais le Castor, par un mouvement rapide comme l'éclair fendit d'un coup de tomahawk la tête du premier Indien qui s'approcha de lui; puis, montant avec une agilité inouïe sur la muraille de rochers qui entouraient le camp:
--Les Enfants perdus ne sont pas des guerriers, cria-t-il; Le Castor se rit de leur colère. Un jour ils se retrouveront sur le sentier de la guerre!...