Et, d'un bond prodigieux, il sauta au bas de la muraille et s'enfuit dans la direction des collines.

Les Enfants perdus n'osèrent imiter son exemple, et, comme il leur eut fallu faire un long détour pour suivre la piste du Castor, ils jugèrent toute poursuite inutile et remirent leur vengeance à un moment plus favorable.

--Je ne sais pourquoi, se dit en lui-même le métis Scott, la conduite du Castor m'intrigue. Je suis sût que j'apprendrai de bonnes choses en le suivant.

Et, escaladant à son tour les rochers, il exécuta la manoeuvre du Castor et disparut dans les hautes herbes.

XIV.--LE TRESOR DE MONTCALM.

Le Castor marcha tout le reste de la nuit sans ralentir son allure. Au point du jour il arriva au pied de la plus haute des collines et se dirigea vers le sommet à travers les broussailles inextricables qui en couvraient la surface.

Vers le milieu de la montée, changeant de direction, il s'engagea résolument sur une étroite corniche qui surplombait l'abîme.

Bientôt il déboucha sur une plate-forme au centre de laquelle se dressait une gigantesque aiguille de granit.

Un homme était assis à la base de la pierre.

C'était un grand vieillard à la face ridée, aux longs cheveux flottants, blancs comme la neige. Il portait le costume traditionnel des Indiens des cinq grandes nations désignées habituellement sous le nom générique d'Iroquois. A sa droite, sur le sol, étaient posés un arc et le carquois garni de flèches; à sa gauche, la lance et le tomahawk. Immobile, l'oeil fixé vers l'orient, on eût dit une statue de bronze.