Tout à coup un son étrange, grave, prolongé, analogue à celui que les bergers des Alpes tirent de leur corne de boeuf, s'élève à une soixantaine de pas du théâtre de la lutte.
En même temps trois coups de feu retentissent, auxquels répondent trois cris de douleur et de rage. Le Scalpeur et le Serpent s'affaissent, mortellement trappés; le bras gauche de l'Oeil Sanglant retombe inerte, fracassé par une balle.
--Courage! braves Yakangs crie alors une voix retentissante, courage! les amis viennent!
Et trois nouveaux coups de feu abattent encore trois des assaillants.
--Le Marcheur! s'écrièrent les Enfants perdus avec un accent de rage mêlé de crainte.
--Notre frère disent les Yakangs.
Et ce secours inespéré relevant leur courage, ils se forment en colonne serrée, prêts à fondre sur les Enfants perdus.
VI.--LA POURSUITE NOCTURNE.
Pour faire comprendre l'arrivée si pleine d'à-propos du Marcheur et de ses nouveaux amis, il nous faut faire quelques pas en arrière et retourner à la hutte du trappeur.
--La Flèche-Noire ou le sorcier de sa tribu pourra seul vous renseigner, avait dit le Marcheur à Raoul; je vous guiderai vers le village de mes frètes les Indiens.