Il n'y a plus rien à faire pour l'équipage du Greenland.
Revenus dans les glaces, nous étions entourés d'une telle quantité de phoques, qu'on n'a pu s'empêcher de faire une nouvelle descente au milieu d'eux.
Au bout de la journée, il y avait sept mille peaux de plus sur le pont. Total: trente-sept mille peaux doublées chacune environ de trois pouces de lard.
Où les mettre? L'hésitation n'a pas été de longue durée. D'une seule voix, l'équipage a galamment offert son dortoir.
Le capitaine est triomphant.
27 mars.—Voilà Saint-Jean!
On a interrogé le pilote; mais il ne savait rien du désastre du Greenland.
Nous avons eu une très-belle navigation de retour, malgré qu'il fît froid. Les hommes ont passé quatre nuits sur le pont, roulés dans leurs couvertures. Cela ne les empêche pas d'être de la plus belle humeur et de la plus belle santé.
Dès demain matin on commencera à décharger le steamer. On séparera le lard d'avec les peaux. Celles-ci seront salées pour être exportées en Angleterre, où on les emploie à fabriquer des chaussures, harnais, portemanteaux, etc.
Quant au lard, découpé en petits morceaux par une machine à vapeur, on le fait fondre, puis on l'expose au soleil dans des bassins vitrés.