—Conclusion: aucun espoir d'obtenir justice contre ces maraudeurs et de leur imprimer le respect de nos droits!
L'aventure de la Canadienne n'était pas surprenante!»
Un jour, la goëlette de guerre en question était tombée dans une anse sur une flottille de bateaux de pêche terre-neuviens installés chez nous. Vainement elle avait tenté de les expulser au nom des traités. Les délinquants auxquels les proportions de la goëlette n'en imposaient pas, inventaient mille mauvais prétextes pour ne point partir. Si bien que le commandant de la Canadienne à bout d'arguments avait dû céder la parole à ses canons.
Et la morue de décamper, entraînant derrière elle ses frères de la côte.
On peut se faire maintenant une idée de ce qu'il faut à la fois de tact, d'énergie et de modération au capitaine de vaisseau qui reçoit, d'ordinaire pour trois ans, le commandement de la station de Terre-Neuve.
La Clorinde arrive en juin et repart vers la fin de septembre. Tout cet intervalle se passe en surveillance le long des côtes du French shore; elle ne laisse guère rouiller ses ancres dans le port de Saint-Jean.
Cette année-là elle a tout de suite commencé son inspection dans le nord, et elle n'est redescendue dans notre rade qu'en fin juin. De nouveau elle est prête à retourner sur les lieux de pêche français, et, en attendant qu'elle revienne nous dire adieu, je vais de nouveau me remettre à vivre de la vie des Terre-Neuviens et faire en sorte de m'intéresser à leur genre d'existence.
CHAPITRE VII
2 juillet.—C'était hier dimanche, et je dînais chez l'évêque, où j'avais pour voisin de table un juge, charmant homme, plein de verve caustique et de dédain pour les habitants de son île, des sauvages, disait-il.