— Pourquoi pas moi, répliqua-t-elle, aussi bien qu’une autre ?
Elle se posa devant une glace, tapota ses boucles et demanda d’un air léger :
— Comment me trouves-tu ?
— Vous êtes coiffée merveilleusement ! lui répondit-il.
— Ma robe te plaît-elle ?
— Oui, beaucoup !
L’adolescent s’était levé, sur ces derniers mots, pour venir la voir de plus près. Un frisson de plaisir parcourut Hélène. Mais, tout à coup, cet examen lui parut gênant, elle souffrit de sa propre immobilité, du silence qu’elle-même observait. Alors, d’un geste à peine sensible, elle éloigna Marc et, parlant avec feu pour cacher son trouble :
— Voilà ! fit-elle. J’ai renoncé à mes anciennes modes. Tu comprends qu’à mon âge c’était ridicule. Je suis une jeune femme, mon chéri ! Si j’avais conservé ma défroque sérieuse, je me demande, à cinquante ans, ce que j’aurais mis, comment j’aurais pu m’affubler. C’est, je crois, le milieu du Sémiramis qui m’a donné sur la toilette des vues raisonnables. Je sais bien, tu te dis : « Mère en reviendra ! Pour le moment, c’est l’enthousiasme. Attendons un peu. » Les vieilles habitudes ? Oui, sans doute ! Pourtant, vois-tu, quand les nouvelles vous sont agréables, on oublie rapidement jusqu’aux traces des vieilles. Et puis, suppose que je regrette, qu’en aurais-je de plus ? J’ai vendu, ces jours-ci, tous mes rossignols !
Son beau-fils l’écoutait avec étonnement. Elle le saisit par un poignet.
— Viens voir mes trésors !