— Madame Aliscan ?
— Aliscan, oui, c’est ça ! Madame Aliscan… Figure-toi que je l’ai rencontrée au Louvre !
— Ah ! fit Marc.
— Tout à l’heure ! poursuivit Hélène. Elle s’y trouvait avec son fils. Il est bien son fils ! Menu comme elle, mais élégant, d’une jolie tournure… L’échantillon le plus complet du jeune officier !
Marc était devenu d’une extrême rougeur.
— Et comment donc avez-vous su que c’était son fils ? demanda-t-il avec effort, d’une voix qui tremblait.
— Mais, sans chercher ! s’écria-t-elle. Par lui-même, mon loup ! Je marchais derrière eux dans une foule énorme. Quand on appelle, comme il l’a fait, une personne : maman, selon moi, c’est assez significatif !
Elle agita gaiement la tête et se mit à rire. Marc était sur le point de verser des larmes. Un instant, les traits durs, la poitrine battante, elle le regarda fixement, tourmentée par l’envie de le questionner et d’obtenir qu’il lui livrât la cause de son trouble. Mais la présence de sa fillette lui rendit du calme. Elle saisit une cuiller, se servit d’un mets. Puis elle reprit avec l’accent de l’admiration :
— Elle est étonnante, cette femme-là ! Avoir un fils… je ne sais pas… d’au moins vingt-cinq ans, peut-être marié, déjà père, et danser comme une folle au Sémiramis… Je voudrais bien lui ressembler quand j’aurai son âge !