— C’est elle ! dit la jeune femme à l’oreille de Georges. Elle a tout découvert et vient nous surprendre…

On frappa contre sa porte deux coups discrets. Puis, après un silence, deux nouveaux coups. Soudain la voix de Claude s’éleva, légère.

— Est-ce toi, maman ? demandait-elle.

— Oui, mon chéri !

Avec des gestes mesurés, toute froide d’émotion, Lola se laissa couler hors du lit et se glissa, pieds nus, dans le cabinet où Georges la suivit presque aussitôt. Une mince cloison les séparait de la pièce voisine. Denise était entrée sans faire aucun bruit. Ils frissonnèrent et se serrèrent nerveusement la main en l’entendant parler tout près d’eux.

— Figure-toi, mon Bouzou, que j’ai la tête folle ! Si je m’étais endormie aussitôt couchée, tu n’aurais pas eu ta potion.

— Quelle potion, maman ?

— Celle que tu prends la nuit, mon pauvre trésor ! Mademoiselle m’avait dit qu’elle en manquait. On en a rapporté d’Aix un nouveau flacon et je n’ai plus pensé tout à l’heure à le lui remettre.

— Mais je ne prends jamais de potion la nuit !

La voix de Denise se fit aiguë.