X

De chez l’institutrice, des cris partaient. Denise, qui se dirigeait vers l’escalier, s’arrêta sur le bord de la première marche et prêta l’oreille, interdite.

— Il est à peine guéri, pensa-t-elle, et comme elle le bat !

L’indignation et la pitié lui serraient les tempes. Elle entendait les coups de pesantes lanières ravager la chair de son fils. Sur une cinglée plus forte, ce bruit cessa et les hurlements se changèrent en hoquets plaintifs.

Denise fit quelques pas dans le corridor. Claude devait, à cette minute, demander pardon. Elle se le figura, défait et meurtri, à genoux et les mains jointes devant l’étrangère que, sans doute, ses grimaces divertissaient. Des chuchotements piteux coupaient ses sanglots, eux-mêmes interrompus par la gouvernante qui exigeait de l’enfant qu’il retînt ses larmes.

Quelques coups encore retentirent, puis, après l’explosion qu’ils déterminèrent, ces mots articulés d’une voix impérieuse :

— Je vous défends d’avoir rien de caché pour moi ! Ou vous prendrez votre parti de vous montrer franc, ou je vous traiterai de telle façon que vous le deviendrez malgré vous !… Pourquoi ne m’avez-vous pas dit que votre maman était venue vous voir la nuit dernière ?

— Mademoiselle, murmura Claude, j’y ai bien pensé…

— Il ne suffisait pas d’y penser !

— J’ai voulu vous le dire, Mademoiselle…