Je dois me citer encore une fois. On m’en excusera, ce ne sera pas la dernière. A cette époque de ma vie, je n’ai pas loisir de m’analyser, je me chante : c’est dans mes poèmes qu’il faut me chercher. Ainsi, après l’Adieu que l’on a lu, j’écrivis aussi ce Recours :

Ami, vous êtes ma pensée :

Lorsque le danger m’entr’ouvre la route,

Je vous y suis,

Et c’est votre image qui luit

Au ciel que j’aime et dont je doute.

Ami, vous êtes ma durée

Et lorsque mon âme défaille, au bord

Du fleuve dont l’onde éternelle

Entraîne en silence mes frères morts,