Note 115:[ (retour) ] V. Remarks on the slave trade, in-4º, 1788, p. 125.

Note 116:[ (retour) ] V. The Litterary magasine and american register, in-8°, Philadelphie 1803, p. 36.

Si l'existence des esclaves est à peu près sans garantie, leur pudeur est livrée sans réserve à tous les attentats de la brutale lubricité. John Newton, qui, après avoir été employé neuf ans à la traite, est devenu ministre anglican, fait frissonner les âmes honnêtes, en déplorant les outrages faits aux Négresses, «quoique souvent on admire en elles des traits de modestie et de délicatesse dont une Anglaise vertueuse pourroit s'honorer[117]».

Note 117:[ (retour) ] V. Thoughts upon slavery, p. 20 et suiv.

Tandis que dans les colonies françaises, anglaises et hollandaises, la loi ou l'opinion repoussoit les mariages mixtes à tel point, que les blancs qui en contractoient étoient réputés mésalliés, les Portugais et les Espagnols formoient une exception honorable; et dans leurs colonies, le mariage catholique affranchit. Il n'est pas surprenant que Barré-Saint-Venant se récrie contre cette disposition[118] religieuse, puisqu'il ose censurer le décret à jamais célèbre par lequel Constantin facilita les affranchissemens[119]. Qu'est-il résulté des lois prohibitives, surtout en ce qui concerne les mariages? Le libertinage a éludé la loi ou franchi le préjugé: c'est ce qui arrivera toutes les fois que les hommes voudront contrarier la nature.

Note 118:[ (retour) ] Barré-Saint-Venant, p. 92.

Note 119:[ (retour) ] Ibid., p, 120 et 121.

Je laisse aux physiologistes le soin de développer les avantages du croisement des races, tant pour l'énergie des facultés morales, que pour la constitution physique, comme à l'île Sainte-Hélène, où il a produit une magnifique variété de Mulâtres. Je laisse aux moralistes et aux politiques qui devroient partir des mêmes principes, et qui souvent sont diamétralement opposés, à peser les résultats de l'opinion qui croit déshonorant d'avoir pour épouse légitime une Négresse, lorsqu'il ne lest pas de l'avoir pour concubine. Joel Barlow voudroit, au contraire, que ces mariages mixtes fussent favorisés par des primes d'encouragement: les Nègres ni les Mulâtres ne peuvent jamais augmenter la caste blanche; tandis que celle-ci augmente journellement celle des Mulâtres; le résultât inévitable est que les Mulâtres finissent par être les maîtres. Fondé sur cette observation, Robin croit que la démarcation de couleur est le fléau des colonies, et que Saint-Domingue seroit encore dans sa splendeur, si l'on eût suivi la politique espagnole, qui n'exclut pas les sang-mêlés des alliances et des autres avantages sociaux[120].

Note 120:[ (retour) ] V. T.1, p. 28.

On accuse les Nègres d'être vindicatifs. Comment ne le seroient pas des hommes vexés, trompés sans cesse, et par là même provoqués à la vengeance? On pourroit en citer des milliers de preuves: bornons-nous à un seul fait. A Surinam, le Nègre Baron, adroit, instruit et fidèle, est amené en Hollande par son maître, qui lui promet la liberté au retour: malgré cette promesse, en abordant Surinam, Baron est vendu; il refuse obstinément de travailler, on le fait fustiger aux pieds de la potence; il s'échappe, se joint aux Marrons, et devient l'ennemi implacable des Blancs.