| [4] | Jacob a pu croire qu'il pouvait se permettre ce mensonge officieux pour ne pas affliger son vieux père en lui avouant la vérité et en lui disant: «Moi en effet je suis Jacob, toutefois je réclame la bénédiction comme fils aîné, parce qu'Ésaü m'a vendu le droit de primogéniture. |
| [5] | Il est impossible que les différentes manières par lesquelles Dieu annonçait autrefois sa volonté et révélait souvent à ses saints ce qu'il voulait accomplir dans les temps les plus reculés, fussent inconnues à Joseph, cet homme pieux et vertueux, élevé et grandi dans l'amour paternel sous les yeux de Jacob. Joseph, le fils bien-aimé de son père, avait sans doute appris de Jacob comment l'Éternel lui avait déjà apparu bien des fois à lui-même et à ses pères, tantôt dans une vision et tantôt dans un rêve: c'est ainsi que, dans son propre songe, Joseph reconnut à l'instant l'intention divine. Il pouvait donc, à coup sûr, distinguer assez clairement la différence essentielle qu'il y a entre les songes naturels et les surnaturels. Les songes naturels ne sont sans doute autre chose qu'un jeu du hasard, résultat de l'agitation du sang et de ce qu'on a ordinairement et le plus souvent pensé et fait auparavant, et ce serait un péché d'y avoir confiance. Mais quant aux songes surnaturels, ils étaient, particulièrement à cette époque, de véritables inspirations divines et de circonstance. L'Éternel ne s'était-il pas, dès le commencement de la création, révélé aux hommes de la manière la plus merveilleuse et ne leur avait-il pas assuré en même temps que cette révélation émanait de lui!... C'est ainsi que Joseph, doué de cet esprit profond, interpréta les songes de ces deux officiers et celui de Pharaon. |
| [6] | C'est de cette manière qu'Éphraim et Manassé prennent la place de Joseph leur père dont, par conséquent, le nom ne se trouve mentionné nulle part dans l'exposé des tribus. Il y avait donc, en réalité, treize tribus; mais on n'en comptait cependant que douze, parce que celle de Lévi (l'administrateur du culte) n'avait pas d'héritage formé d'un seul tout. Les descendants de Lévi avaient leurs habitations dans les principales villes du royaume, pour qu'il se trouvât partout des hommes en état de surveiller le culte du vrai et unique Dieu; des hommes aptes à donner l'instruction religieuse et l'enseignement dans la loi de Moïse. |
| [7] | La fête de la législation ou la Pentecôte.—En mémoire de ce grand évènement, il est d'usage en Israël de célébrer le sixième et le septième jour du troisième mois (Siwan) par des fêtes solennelles. Ces fêtes s'appellent encore celles des semaines (Schebouoth) par rapport aux temps où le peuple israélite représentait encore une nation et habitait le pays de ses pères. Alors à la fin de la récolte du froment, qui avait lieu pendant les sept semaines de Pâque à Pentecôte, les prémices des blés étaient apportées le cinquantième jour, au temple à Jérusalem, et une fête de moisson était célébrée en l'honneur de l'Éternel. |
| [8] | Le tabernacle était destiné à des assemblées religieuses jusqu'au temps où il y aurait un temple dans un lieu déterminé à cet effet. Il était construit en tente portative de la forme d'un carré oblong, ayant trente coudées de longueur et dix de largeur. Le tout était divisé en deux parties: le saint, accessible seulement aux prêtres; le saint des saints, où le pontife seul pouvait pénétrer le jour des expiations, le dixième du septième mois (Tischri). Le tabernacle était entouré d'une enceinte qui avait cent coudées de longueur et cinquante de largeur, destiné à tout le peuple. C'est là qu'étaient placés l'autel des holocaustes et le bassin pour les prêtres. Dans le saint du côté du septentrion se trouvaient la table avec le pain de proposition et différents vases; du côté du midi le chandelier d'or avec ses lampes; et au milieu l'autel des parfums. L'arche d'alliance se trouvait placée dans le saint des saints. Ce n'est que devant le tabernacle qu'il était permis de sacrifier. |
| [9] | C'est le seizième du mois de Nisan, le deuxième jour de la Pâque. |
| [10] | Voyez plus haut: fête de la législation. |
| [11] | Cette fête est appelée celle du nouvel an parce que d'après l'ère ordinaire, qui commence par la création, le mois de Tischri est le premier de l'année. C'est par cette même raison que ce mois est quelquefois appelé le mois des anciens, c'est-à-dire, le premier mois de ceux qui ont vécu avant Moïse. Les deux premiers jours de ce mois sont célébrés d'une manière très-solennelle; beaucoup de prières ont lieu dans la synagogue et des hymnes sacrées y sont chantées. Cette fête se distingue encore de toute autre par le Schofar (trompette) qui est sonné dans la synagogue. La signification de cet usage est: 1º hommage de fidélité au Créateur notre Dieu dont nous reconnaissons le règne éternel, et auquel nous promettons notre soumission, par une marque de joie (selon Ps. 98, 6); 2º rappel de la révélation divine sur le mont Sinaï, où le son du Schofar se fit également entendre et où nos pères firent cette promesse: «Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons» (II livre de Moïse 19); 3º exhortation à la repentance et à l'amendement, selon l'expression du prophète (Amos 3, 6). |
| [12] | Ce jour est célébré dans tout Israël comme le jour le plus saint de toute l'année. Il est entièrement consacré à la dévotion et à l'amendement. L'indulgence divine et sa miséricorde sont annoncées à tous ceux qui, en ce jour, reconnaissent d'un cœur repentant leurs péchés devant Dieu, lui promettent amendement sincère, renoncent à tout sentiment de haine envers le prochain et tâchent de réparer les injustices exercées à son égard. (Voyez Isaïe, 58, qui est lu en ce jour dans la synagogue.) Le but de cette fête solennelle est donc: réconciliation de l'homme avec Dieu, et réconciliation de l'homme avec l'homme. |
| [13] | Les pratiques de cette fête ont pour but principal de nous rappeler l'obligation de ne pas trop nous attacher aux biens de la terre, fragiles et inconstants qu'ils sont; mais de mettre toute notre confiance en Dieu notre protecteur. L'Israélite doit, pour ainsi dire, quitter sa maison remplie alors de tous les fruits de la récolte; il doit prendre pour demeure une chétive cabane, pour déclarer par cet acte qu'il est pénétré de reconnaissance envers son bienfaiteur céleste et qu'il est prêt, si Dieu l'exige, à abandonner tout ce qu'il possède sur la terre, en se souvenant de ces jours où nos pères ont tous demeuré dans des tentes, comblés des bienfaits de Dieu. «Vous vous souviendrez de tout le chemin par où l'Éternel votre Dieu vous a conduits dans le désert pendant quarante ans; il vous a donné pour nourriture la manne qui était inconnue à vous et à vos pères, pour vous faire voir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.» (5. M. chap. 8.) |