Ou bien, ce sera le mari, dont la fantaisie fait boule de neige, avec les passions que fait naître sa femme, et qui, prenant l'amant de celle-ci à part,—lui dira avec ce sourire d'un mari sûr de sa proie:
—Voyez donc, mon cher, comme ma femme est en beauté ce soir!—Quelles épaules!—Je ne les avais pas encore vues.
Le jour, madame dort,—pour se reposer des fatigues de la nuit.—Si elle reçoit ce sera seulement pendant une heure ou deux,—et l'amant ne sera reçu qu'en visite officielle, confondu avec les galants,—auxquels la coquetterie de sa maîtresse accorde une audience, et à qui elle réservera ses meilleures câlineries de façons et de langage,—pour s'assurer une troupe de romains qui lui feront une entrée au prochain bal où elle doit aller. S'il obtient, par grâce, un quart d'heure de tête-à-tête,—il l'emploira en querelles, en jalousies.
—Pourquoi avez-vous dansé deux fois de suite avec monsieur un tel!—Pourquoi mettez-vous une robe bleue, quand vous savez que je n'aime pas cette couleur-là? Pourquoi ceci? pourquoi cela?
La pauvre femme espérait trouver un amant, elle ne voit plus qu'un juge d'instruction.
On se raccommode bien, il est vrai, et on partage le bénéfice du raccommodement;—mais c'est égal, après un certain nombre de félures, l'amour ressemble à ces vieux plats cassés en dix endroits et criblés de sutures.
Un beau jour il se casse tout à fait,—et les morceaux n'en sont plus bons.
Aussi, à la fin de cette saison de raouts, de bals, de soirées,—que de couples seront dépareillés,—que de contrats sur papier rose et non timbrés—laisseront voir le jour au travers de leurs serments, hachés de coups de canif!—que de jolies bouches, qui disent encore un nom aujourd'hui, et qui auront appris à en dire un autre!.........
Entre autres solennités que ramène l'hiver, il faut citer en première ligne le bal des artistes dramatiques, qui a eu lieu cette année, comme les précédentes, dans la salle de l'Opéra-Comique.
Bien longtemps avant le jour où le bal doit avoir lieu, et pour lui donner de la publicité, outre les annonces, on fait afficher dans tous les lieux publics une liste de dames patronesses chez lesquelles on peut se procurer des billets.