—Enfin, dit Tristan en tirant Ulric à l'écart, que voulez-vous faire?

Ulric parla longuement, en baissant la voix, à l'oreille de Tristan, et quand il eut achevé, Fanny, qui redoublait d'attention, entendit Tristan qui répondait à son ami:

—Je vous assure qu'elle acceptera.

—Que d'affaires pour une chose si simple! murmura la créature en elle-même; mais elle ne put dissimuler une certaine inquiétude en voyant que le comte de Rouvres se disposait à se retirer. En effet, Ulric ne pouvant pas contenir l'émotion qu'il avait éprouvée en se trouvant en face du fantôme vivant de sa maîtresse morte, avait rapidement salué tous les convives et venait de sortir, reconduit jusqu'au dehors par son ami Tristan.

—Eh bien! ma chère, dirent les autres femmes en voyant la mine dépitée de Fanny, voilà une conquête manquée!

—Je sais bien pourquoi, répondit celle-ci. Je l'ai mis au pied du mur. Il est ruiné.

—Encore une fois, vous êtes dans l'erreur, ma belle, dit Tristan qui venait de rentrer dans le salon.

—Eh bien! alors, je ne vous fais pas compliment, mon cher, répliqua Fanny. Malgré toute la mise en scène et la bonne volonté que j'y ai mise pour ma part, votre plan me paraît complètement manqué. Votre ami ne m'a pas même fait l'honneur de demander à être reçu chez moi.

—Mon ami est un homme bien élevé et un homme de sens! il ne s'amuse pas à faire des demandes inutiles. Vous n'êtes pour lui qu'une curiosité, un objet d'art, un portrait, et rien de plus, ma chère, répondit insolemment Tristan. Il m'a chargé d'être son homme d'affaires, et voilà ce qu'il vous propose par mon entremise.

—Ah! voyons un peu.