Clémence tomba à terre en poussant un gémissement. Une voisine l'entendit et vint lui porter secours. Elle eut toutes les peines du monde à retenir la jeune fille, qui, prise du délire, voulait se jeter par la fenêtre.
Le soir un médecin fut appelé. En voyant Clémence il secoua la tête:
—Ceci est grave, dit-il, mais il est encore temps. Le lendemain Clémence se réveillait dans un hôpital. Pendant huit jours, on eut des espérances. Mais le matin du neuvième, en faisant sa visite, le médecin se pencha à l'oreille de la sœur de charité, qui s'approcha tristement du lit de Clémence.
—Je sais ce que vous voulez me dire, ma sœur... murmura la malade. Et elle demanda les sacrements.
Le soir, comme la religieuse s'apprêtait à quitter la salle, Clémence la fit appeler.
—Tenez, ma sœur, lui dit-elle en lui mettant dans la main une pièce d'or qui était cachée sous son oreiller, vous mettrez ceci dans le tronc des pauvres malades. C'est toute ma fortune. Adieu!
—Couvrez-vous, mon enfant, lui dit la sœur, en voyant qu'elle gardait ses bras hors du lit. Vous allez avoir froid.
—Oh! qu'est-ce que cela fait maintenant? dit Clémence. Et elle se prit à sourire en regardant ses mains que la maladie avait rendues pâles et transparentes.—Si Théodore me voyait! murmura-t-elle. Puis elle s'endormit et fit son dernier rêve.
Vers le milieu de la nuit elle se réveilla pour mourir. L'agonie fut brève. On avait, comme d'habitude, envoyé chercher l'interne de garde pour y assister. Quand l'infirmier vint le demander, il achevait une partie avec un de ses camarades.
—Qu'est-ce qu'il y a? demanda-t-il.