Des substituts du procureur général;

Des secrétaires, etc...

Mais les femmes n’y siégeaient pas[76].

En Provence, nous voyons enfin, comme une réminiscence des cours d’amour, le roi René instituer un prince d’amour qui figurait dans la procession de la Fête-Dieu, à Aix. Ce prince jouissait même de certains droits, puisqu’il imposait une amende nommée Pelote à tout cavalier qui faisait aux demoiselles du pays l’affront d’épouser une étrangère, et à toute demoiselle qui, en épousant un cavalier étranger, semblait signifier que ceux de la région n’étaient pas dignes d’elle.

Des arrêts du Parlement d’Aix avaient maintenu le droit de Pelote.

Pour apprécier les Cours d’amour, il faut non pas les juger avec l’esprit de notre temps, mais se reporter à l’époque où elles furent instituées. Vivantes images des mœurs et des idées du moyen âge, elles ont eu leur raison d’être et ont affirmé les principes de l’amour pur, libre et sincère. N’auraient-elles obtenu que ce résultat, qu’il suffirait amplement à leur renommée. Mais elles nous ont aussi transmis l’amour et le respect de la femme, sans lesquels toute société est bientôt vouée à la grossièreté des mœurs, à la barbarie et à l’oubli de toute dignité personnelle. La galanterie française, proverbiale dans le monde entier, ne nous vient-elle pas un peu des Cours d’amour? Ce titre seul les justifierait aux yeux de ceux qui ne les ont tenues que pour frivoles.

NOTES:

[75] G. Chaucer, né en 1328, avait épousé la sœur de Catherine Swynford, veuve du duc de Lancastre, dont le fils régna sous le nom de Henri IV. Il mourut en 1400.

[76] Cité par Renouard d’après un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, no 626.

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DE L’INFLUENCE DE LA LITTÉRATURE ROMANE SUR LES PREMIERS ESSAIS DU THÉATRE EN FRANCE