Ansin, autan,ainsi.
Bèn, mau,bien, mal.
Vite, vitamen,vite.
D’aise, plan,doucement, lentement.
Courentamen,couramment.
ADVERBES DE DOUTE, D’AFFIRMATION ET DE NÉGATION
Beleù, bessai,peut-être.
Segur,sûrement.
O, si,oui.
Noun, nani,non.
DE LA CONJONCTION

Les principales conjonctions sont les suivantes:

E,et.
Emai,et, aussi, quoique.
Que,que, car.
Car,car.
Ni, ni mai, ni mens,ni, pas davantage, pas moins.
Mai,mais, pourvu que.
Se,si.
Or,or.
Dounc, adounc,donc.
O,ou.
Quand, quouro,quand.
Coume,comme.
Pamens,pourtant.
Tre que, entre que,dès que.
Enterin que,tandis que.
Doùmaci,car, en effet, parce que.
Perqué,parce que, car.

Les interjections, trop nombreuses pour être reproduites ici, sont très usitées dans le provençal, pour exprimer la joie, la douleur, la compassion, la crainte, le désir, l’admiration, la surprise, l’aversion, le dégoût, l’indifférence, l’approbation, etc...

CONCLUSION

Ici se termine l’exposé grammatical du provençal parlé et écrit selon la nouvelle méthode orthographique. Nous en avons puisé les principaux éléments dans les ouvrages du Frère Savinien et la Grammaire de dom Xavier de Fourvières qui, aujourd’hui répandue dans les écoles congréganistes des départements de Vaucluse, du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Var, rend les plus grands services aux élèves en facilitant leurs progrès, tant dans la langue française que dans la langue du pays natal. Nous renouvelons le vœu déjà formulé, à savoir que cet ouvrage ainsi que ceux du Frère Savinien (Lectures ou versions provençales-françaises) soient répandus également dans les écoles communales laïques (garçons et filles) de tous nos départements du Midi.

Nous ne saurions trop insister sur l’application de la méthode de dom Xavier de Fourvières et du Frère Savinien, dont les résultats passés garantissent les succès futurs. Ce faisant, nous ravivons la pensée, nous nous associons au intentions de ceux qui l’ont patronnée et encouragée par leurs discours ou leurs écrits. Elle a été recommandée au Ministre de l’Instruction publique par M. de Boislisle, qui présidait le Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements à la Sorbonne, en 1896; par Mistral, le grand poète de notre Provence, qui, dans une lettre rendue publique adressée à l’auteur, en signalait les avantages en un style étincelant de verve, de logique et de clarté; par Paul Meyer, le distingué directeur de l’École des Chartes; par Mgr Dupanloup, l’évêque patriote, dont le souvenir est encore présent à la mémoire de tous les Français qui l’ont vu lutter contre l’invasion allemande, en 1870; par Michel Bréal, qui n’a jamais cessé d’être l’apôtre de cette juste revendication; par Saint-René Taillandier, qui disait si justement: «Pour fortifier le sentiment de la grande patrie, il faut cultiver les traditions et la langue de la petite province; pour atteindre ce but et obtenir les meilleurs résultats, il faut faire voir aux enfants les rapports intimes, profonds, naturels du provençal et de la langue nationale. Ainsi envisagée, l’étude du provençal ne peut être qu’utile, car, en même temps qu’elle nous attache plus fortement à notre foyer, à notre Provence, elle nous fait mieux aimer la France, en nous montrant l’unité de notre origine et le berceau commun de notre développement.»