Le premier banquet félibréen donné à Sceaux eut lieu en 1879. Il fut présidé par le baron de Tourtoulon, l’historien de Jacques d’Aragon, le fondateur de la Revue des langues romanes de Montpellier. Ce président, qui avait précédemment assisté à la fondation du Félibrige de Provence, rappelait aux convives, par sa seule présence, les diverses étapes de cette Société, les obstacles qu’elle avait dû surmonter, les luttes soutenues contre l’hostilité des uns ou l’indifférence des autres, puis le succès final. Il semblait également les prévenir que, comme les Félibres de Provence, ils auraient leurs détracteurs, leurs malveillants et leurs sceptiques. Mais le but à atteindre est noble: c’est le réveil de tout un passé qui n’a pas manqué de grandeur, c’est la rénovation d’une langue dont les œuvres littéraires ont pu inspirer les poètes et les écrivains du Nord, et, comme l’a dit un académicien[42], marcher de pair avec la poésie française, «la France étant assez riche pour se payer deux littératures».
A la suite de ce banquet, la Société des Félibres de Paris (Soucieta felibrenco de Paris) se trouva constituée par les sept membres fondateurs suivants:
Maurice Faure, publiciste, fonctionnaire;
J.-B. Amy, sculpteur;
P. Grivolas, peintre;
Ducquercy, homme de lettres;
B. Bonnet, qui devait plus tard nous donner Vido d’infan;
J. Bauquier, romanisant émérite, archiviste paléographe;
Louis Gleize, poète provençal, qui réussit également bien en français, auteur de la chanson Mireille et mes amours, un des grands succès des concerts.
Le programme et les statuts de la Société furent approuvés par le Gouvernement. Nous allons les reproduire fidèlement, comme nous l’avons fait pour ceux du Félibrige de Provence.