LE CHANT

Le chant, parfois, était synonyme de chanson; quelquefois, au contraire, il avait un sens plus général et pouvait exprimer toute poésie susceptible d’être chantée. Il était pris également pour désigner un poème. Son nom vient évidemment du latin cantare. Certains auteurs prétendent qu’il fut introduit dans le Provençal par le Troubadour Giraud de Borneil, et qu’avant lui toutes sortes de poésies étaient comprises sous le titre général de vers.

LE SON

Le son désigne une chanson plus légère, plus suave. Les Troubadours, en inventant cette désignation, n’ont voulu retenir de la chanson que la partie harmonieuse. C’est ainsi que nous avons maintenant la romance sans paroles.

LE SONNET

Le sonnet est une poésie légère, un diminutif charmant introduit par les Troubadours dans leur grammaire lyrique, pour exprimer leur pensée sous une forme aussi laconique qu’élégante. Il se compose de quatorze vers distribués en deux quatrains, sur deux rimes seulement, et en deux tercets. Le sonnet, d’origine provençale, fut, comme la plupart des œuvres des Troubadours, accueilli et cultivé en Italie, où nos poètes méridionaux avaient dû se réfugier après la Croisade contre les Albigeois. Il ne revint à la mode en France qu’après le retour de nos compatriotes, qui le répandirent et le firent adopter par les poètes français.

Celui que nous donnons ci-après est extrait des œuvres de Louis Belaud, poète provençal, né à Grasse. L’édition de ses œuvres, que nous avons sous les yeux, est celle de Marseille, 1595, in-8o. Le style est clair, facile, et se rapproche tellement du Provençal de nos jours que la traduction en devient superflue.

SONNET SUR UNE SORTIE DE PRISON

Despuis que quatre peds sont dévenguts à doux,

Et que reson a pres plasso dins ma cervello,