Les remparts du château et le clocher de Saint-Pierre.

Quel en fut l’architecte? Aucun texte ne permet de le nommer avec certitude, mais n’est-il pas légitime de supposer que ce fut Gondulf, ce moine du Vexin que Lanfranc avait amené avec lui de l’abbaye du Bec; devenu plus tard évêque de Rochester, il a reconstruit la cathédrale de cette ville, élevé le plus ancien donjon que possède l’Angleterre, celui de [p. 15] West-Malling, contribué peut-être aux travaux de la Tour de Londres. N’aura-t-il pas été le conducteur de l’œuvre de la Trinité pendant son séjour à Caen? Hypothèse plausible, si on songe qu’il y fit entrer sa mère comme religieuse.

Le plan de l’église de la Trinité est bien simple: une façade flanquée de deux tours, une nef avec deux collatéraux, un transept nettement marqué avec deux absidioles, un chœur qui se termine par une abside en hémicycle surmontant une crypte. A première vue, l’édifice a, en outre, ce mérite, rare en tout pays, rare surtout à Caen, d’offrir une grande homogénéité: c’est une belle basilique romane. Qu’on y regarde de plus près, on se rendra compte que la nef a reçu des voûtes sexpartites qui ne lui étaient pas primitivement destinées, que le chœur est postérieur à l’abside, qu’au XIIIe siècle enfin, on a ajouté au croisillon sud du transept une chapelle gothique, que les absidioles du pavillon nord ont été refaites à l’époque moderne.

Photo Neurdein.

L’abbaye aux Dames. — Vue d’ensemble.

On entre aujourd’hui à la Trinité par un grand portail flanqué de deux portails latéraux qui s’ouvrent sous les tours. Primitivement, on y avait accès par un porche latéral sous le clocher sud dont on peut encore du dehors reconnaître la disposition. Par deux grands arcs en plein cintre [p. 16] décorés extérieurement d’ornements géométriques. les clochers communiquent avec la travée d’avant-nef. Deux faits semblent bien montrer les remaniements qu’a subis de bonne heure l’édifice: les murs des collatéraux ne sont pas parallèles à la direction des piliers, les ouvertures ménagées dans les collatéraux ne correspondent pas avec le tracé des arcs de la nef. Les collatéraux ont encore leurs voûtes d’arêtes qui accentuent l’air antique de l’édifice. Le transept a un caractère sévère que ne parvient pas à égayer la jolie chapelle du XIIIe siècle du croisillon nord.

Photo Neurdein.

Façade de la Trinité.