Où menait cet élégant escalier que l’on aperçoit de la Froide-Rue? Serait-ce à une tribune réservée à quelque riche fidèle, comme dans certaine église de Bruges, à un oratoire où se recueillait le prêtre avant de prêcher comme à Saint-Jacques de Dieppe ou à une chaire extérieure comme à Saint-Lô? Toutes ces hypothèses pouvaient être faites; mais en réalité c’est une monstrance destinée à recevoir ce reliquaire que l’on appelait du nom de son donateur « le Verdun ». Elle a été élevée après 1492, en même temps que la seconde nef dans laquelle elle est enchâssée [4].
[p. 49] Quant aux deux absides, elles se font bien valoir l’une par l’autre. M. Joly les compare à « deux sœurs coquettes qui se plairaient à se montrer l’une près de l’autre pour faire admirer par le contraste deux beautés différentes; l’abside ogivale, en toute sa fleur, avec ses trois fenêtres si sveltes, si élancées et bordées d’une si riche dentelle, avec sa balustrade élégante et la jolie décoration qui couvre toutes les parties pleines de la muraille, l’abside de la Renaissance avec sa riche et délicate ornementation s’offrent à nous réunies, faciles à embrasser d’un coup d œil, diverses, et cependant en bon accord, formant le plus piquant et le plus pittoresque ensemble ».
Photo Neurdein.
Saint-Pierre. — L’abside.
[p. 50] Ne quittons pas Notre-Dame-de-Froide-Rue sans remarquer les peintures murales qui représentent saint Ambroise et saint Augustin. Saint Ambroise tient un livre, saint Augustin une figuration de la Trinité: le Père en Pape, avec tiare à la triple couronne, le Saint-Esprit, colombe, descend de la bouche du Père sur le Fils attaché à la croix.
Photo Neurdein.
Saint-Sauveur (Notre-Dame-de-Froide-Rue). — L’abside gothique.
Ces peintures paraissent être un don d’un grand armateur caennais, Duval de Mondrainville, grand fondateur de donations pour les églises et les communautés religieuses, restaurateur du Palinod dont une inscription placée dans la chapelle rappelle la devise: En salut d’envie.