Photo R.-N. Sauvage.

Thermes. — Torse de jeune fille.

Il faut se rappeler les traditions relatives à saint Exupère, saint Rufinien, saint Loup, saint Floxel, saint Vigor, si imprécises qu’elles soient. Nous retrouvons leur légende gravée dans les monuments de la ville épiscopale, comme leurs noms se retrouvent dans les églises tout autour de Bayeux et à ses portes. C’est ainsi qu’au sortir de la ville, vers l’est, s’élève l’église Saint-Exupère dont la fondation remonte à une époque très reculée: on y put relever au XVIIe siècle les tombes des premiers évêques, saint Rufinien, saint Manvieu, saint Contest, saint Patrice, saint Gerbold, saint Frambold, saint Geretrand et des reliques de saint Regnobert, de saint Zenon, de saint Exupère, de saint Loup. Il [p. 109] semble bien que cette église rurale ait été le premier centre de l’évêché, mais l’édifice actuel est moderne et ne présente aucun intérêt. Au nord de Bayeux se trouve aujourd’hui l’église de Saint-Vigor. Cette construction dénuée de style remplace l’église romane qui servait aux religieux du monastère et à la paroisse. Les évêques de Bayeux, la veille de leur entrée dans leur ville épiscopale, venaient coucher à Saint-Vigor. Une tradition relative aux premiers temps de l’évangélisation du Bessin, veut qu’au VIe siècle, une idole fût encore révérée sur le coteau de Saint-Vigor qui domine la ville du côté du nord et que l’on appelait le mont Phaunus. Pour détruire ce culte, saint Vigor aurait obtenu du roi Childebert la concession du terrain: il y fonda un monastère qui, détruit lors des invasions normandes, fut restauré par Odon, évêque de Bayeux, frère de Guillaume. Le prieuré dépendit ensuite de l’abbaye de Saint-Bénigne de Dijon; en dernier lieu, il était occupé par la congrégation de Saint-Maur. Ses bâtiments étaient très étendus. Il ne subsiste plus aujourd’hui que l’entrée du prieuré qui date du XIIIe siècle: une grande porte pour les charrettes, une petite pour les piétons, la première en arc surbaissé, la seconde cintrée.

Photo Neurdein.

Porte du prieuré de Saint-Vigor.

Saint Floxel, un des premiers apôtres du christianisme, qui aurait subi le martyre à Bayeux, a donné son nom à une église qui était située près de l’abbaye de Saint-Vigor. Elle a disparu en 1709. Le cimetière, qui [p. 110] entourait cette église et les terrains voisins, renfermait des tombeaux anciens, sarcophages de pierre et urnes cinéraires. En 1846, on a retrouvé un sarcophage creusé dans une colonne milliaire: il portait encore la dédicace à l’empereur César Flavius Valerius Constantin, fils de Constance. Enfin, c’est à un des premiers évêques, saint Loup, qu’a été consacrée une église placée, elle aussi, aux portes de la ville, mais dans une autre direction, du côté de l’ouest, sur la route qui mène au Cotentin. Elle est surtout remarquable par une jolie tour romane qui ne remonte pas au delà de la première moitié du XIIe siècle. On peut la comparer à celle de Saint-Michel de Vaucelles: elle présente, à l’étage inférieur, sur chacune de ses faces, sept arcatures étroites et très longues; à l’étage supérieur, deux fenêtres à plein cintre très allongées encadrées dans des archivoltes concentriques. La porte est des plus remarquables. Son tympan, encadré de losanges, montre un épisode de la légende de saint Loup. L’évêque, la crosse à la main, autre saint Michel, terrasse un dragon qui dévastait le pays.

Photo Neurdein.

Tour romane de Saint-Loup-Hors.