Le déambulatoire qui est à un niveau sensiblement plus bas que le chœur renferme tout une série de chapelles; près du croisillon sud, une croisée le sépare d’une chapelle à deux travées, un peu plus large que les autres.
Photo des Monuments historiques.
Le portail méridional.
Quelques ouvertures pratiquées au-dessous du chœur éclairent la crypte qui fut retrouvée en 1412, comme le montre une inscription gravée dans le déambulatoire, lorsqu’on voulut inhumer noble homme et Révérend Père Jehan de Boissey. Chose étrange, et qui prouve que le passé, quoi qu’on dise, avait beaucoup moins que nous le souci de [p. 136] conserver les traditions des siècles antérieurs l’existence de cette primitive église était complètement oubliée. C’est bien là une église ancienne comme le révèle le chapiteau très fruste d’un de ses piliers. Depuis le XVe siècle, la crypte a servi de sépulture; des peintures murales y furent exécutées.
Photo Neurdein.
La tour centrale, vue de la rue Laitière.
L’église n’est pas moins remarquable à l’extérieur: le petit porche du sud est formé par un faisceau de colonnettes supportant deux arcs géminés; au-dessus se dessine la broderie de sa jolie décoration de quatre trèfles, de bandeaux de feuillages, d’arcs trilobés et de faux gâbles.
Plus loin s’ouvre le portail méridional; sa triple voussure est chargée de dais et de statues; aux trois registres de son tympan se déroule l’histoire de Thomas Becket, ce prélat normand pris par Augustin Thierry [p. 137] pour un anglo-saxon, si populaire en Normandie et fils d’une caennaise. Ce qui se distingue le mieux dans les scènes sculptées au portail de Bayeux, c’est la barque ramenant Thomas Becket en Angleterre, le meurtre de l’évêque, enfin son tombeau vénéré par les fidèles. Notons qu’à l’intérieur de l’église, dans la chapelle qui donne précisément sur le croisillon sud du transept correspondant au portail se trouvent également des peintures représentant l’une, la Trinité, l’autre, le meurtre de Thomas Becket.