— Des obligations de chemins de fer, ou des actions de n'importe quoi, du Crédit foncier, du Canal de Suez, enfin des valeurs cotées sur la place.

— Non, fit-elle ; mais on peut toujours en acheter.

— Eh bien! nous en achèterons, car il nous est impossible de nous en passer, expliqua-t-il. Vous allez voir si je sais me débrouiller : Gérald Péronaud est peintre. Il a donc besoin de modèles.

— Naturellement, appuya Emmeline, qui le savait mieux que personne, puisqu'elle avait failli lui en servir, et que c'était de lui qu'elle tenait son surnom de la Mal'aria.

— Eh bien! poursuivit Gustave, vous me remettrez cinq ou six actions de la Ville — ne perdez pas le fil, je vous en prie, parce que c'est un peu compliqué. Je connais un jeune Italien de vingt ans nommé Lilio, qui a posé pour moi, fit-il en se rengorgeant. Ce Lilio, qui est venu en France parce qu'il a eu quelques petites histoires dans son pays, ne demandera pas mieux que de gagner un peu de braise. Je lui passe le paquet d'obligations. Vous y êtes?

— Oui. Allez! allez!

— Il vient se proposer à Gérald, qui l'accepte ou qui le renvoie.

— Oui.

— S'il est accepté, il profite d'un moment où notre ennemi a le dos tourné pour glisser dans un meuble les obligations qu'il aura apportées avec lui ; s'il est refusé, il trouvera bien, quand le diable y serait, une seconde pour jeter le paquet sous une commode ou sous un lit. Le reste me regarde.

— Le reste! quel reste? interrogea Emmeline, qui ne devinait pas du tout ce que sa sécurité pourrait gagner à ce qu'on introduisît des obligations de la Ville dans un meuble appartenant à Gérald.