«Parmi toutes les médailles que j'ai pu me procurer ou que l'on m'a montrées, il n'y en a aucune postérieure à ce prince (Alex. sévère) on pourrait cependant en trouver des règnes suivans, sans que cela détruisit mon opinion. M. A. Guion, homme très-éclairé, qui possède auprès des ruines, une maison de compagne qu'il habite une partie de l'année, m'a attesté n'avoir vu aucune médaille postérieure à Alexandre-Sévère.»

Or puisque la ville dont on voit les ruines aux environs des Lèques, n'existait plus dès le 3.e siècle, il est certain que les historiens du 4.e siècle et des siècles postérieurs qui nous racontent les événemens passés à Tauroentum, veulent désigner toute autre ville. Quelle est-elle? C'est Toulon. Je le prouve.

Inst. Desiderii.

Au milieu du 5.e siècle, Taurentum étant tombé au pouvoir des barbares, l'Evêque fut massacré avec Deutère et beaucoup de fidèles. Cùm autem invasissent Taurentium, immolaverunt cum B. Gratiano prædicando in ecclesiam ad populum, suum socium Deuterium cum multis aliis.

Mémoire sur Tauroentum

Un historien du moyen âge pour lequel Marin témoigne le plus grand respect, ne nous dit-il pas que les Sarrasins détruisirent Tauroentum? Il est évident que ce ne peut être le lieu des Lèques, puisque Mahomet ne parut que plusieurs siècles après sa destruction, et que les Maures ne commencèrent leurs ravages dans la provence que dans le 8.e siècle. Aussi Marin qui ne se doutait pas qu'un autre lieu eût jamais porté le nom de Taurentum, exprime son étonnement sur cette assertion avancée par un auteur estimable. On voit donc reparaître Tauroentum après la destruction de la cité des Lèques. Et nous avons de très-fortes preuves outre celles que nous avons alléguées, qui nous portent à ne point douter que ce nom convient exclusivement à Toulon.

Cette dernière ville compte parmi ses Evêques, Gratien I et Gratien II; l'un vivait dans le 1.r siècle et l'autre dans le 5.e. Le siège de ces deux évêques est tantôt appelé Taurentum et tantôt Toulon, selon que les auteurs employaient le nom primitif de la ville ou celui qu'elle reçut dans la suite: mais il est impossible de ne pas les identifier. Gratien I. nous est connu par un ancien martyrologe M. S. de Venise, conservé précieusement dans cette ville, lequel porte:

Marty. M. S. Venise.

Marty. de Primus.

Marty. Gall. page 1039.