Mme Roquevillard l'attira sur son coeur:

—Viens vers moi.

—Qui t'a fait du mal? lui demanda son père.

Avec une surexcitation fébrile, elle domina sa détresse:

—On nous insulte.

—Qui?

—Je viens de chez Mme Bercy. Raymond était là. Elle m'a dit: "Vous avez un joli frère." C'était mal de sa part. Moi je baissais la tête. Elle a repris: "Vous savez ce que racontent les clercs de l'étude Frasne?" Je me taisais toujours. "Ils racontent que votre frère ne s'est pas contenté de la femme." —" Maman! " a crié Raymond faiblement. Moi, j'étais déjà debout. Achevez, madame, vous le devez. " Elle a osé achever: "Il a emporté la caisse." Alors j'ai dit: "Je vous défends d'insulter mon frère." Et à mon fiancé, j'ai ajouté: "Vous, monsieur, qui ne savez pas me protéger chez vous, je vous rends votre parole." Il a voulu me retenir, mais je n'ai plus rien écouté, et me voilà.

—Chère petite! murmura sa mère en l'embrassant.

—Ah! se récria M. Roquevillard redressé sur les têtes jointes de sa femme et de sa fille, on condamnera donc toujours sans entendre.

Mais déjà Marguerite oubliait son malheur personnel pour le malheur commun. Elle se releva et vint à son père qu'elle fixa dans les yeux: