—Tais-toi!
Elle voulut l'entraîner hors de ce balcon d'où ils avaient laissé choir leur confiance dans la vie.
—Viens dans le bois, Maurice. Viens t'asseoir à l'ombre, derrière notre chapelle. Nous serons seuls et moins malheureux.
Il se décida brusquement à l'écouter.
—Oui, allons-nous-en d'ici.
Les rayons qui passaient entre les pins dessinaient sur le sol jonché de feuilles mortes des bandes claires. C'étaient, sur le chemin d'ombre, comme des flaques à traverser. Ils contournèrent la chapelle. Édith chercha un coin de mousse à l'écart, fit asseoir son amant, et lui prenant le visage elle le couvrit de baisers. À ses caresses il parut s'abandonner, puis il la repoussa tout à coup:
—Non, laisse-moi. Va-t-en. Quand tes lèvres s'appuient, je n'ai plus de volonté. Je ne suis plus rien. Je n'ai plus que mon coeur qui bat.
—Je t'aime.
—Justement, je t'aime.
Debout, comme égaré, il lui montra, dans le feuillage, le lac qui brillait. Déjà Édith tremblante avait compris la tentation.