Maintenant que mon vieil An-hoan n’est plus là, pour dégager le signe essentiel!...

Une enveloppe est sous mes yeux et son adresse est écrite:

R. P. du May
Mission catholique de Shanghaï

Chine.

Et ma main court sur le papier:

«... Père, je ne suis pas un blasphémateur, je suis un suppliant.

»Je suis un homme de bonne volonté.

»Père, voici ma foi. C’est la foi des hommes au visage pâle, des civilisés. Ils savent que la terre leur a été donnée pour être devant eux comme une boule de glaise, et qu’il leur faut la repétrir. Ils savent qu’il faut appliquer la règle et l’ébauchoir, mesurer, tracer, couper... Mais ils ne savent pas selon quel modèle, selon quel dessin. Faites bien attention. Père, ce qu’ils demandent tous, ces bons ouvriers, c’est une grande épure, ce n’est pas un manuel d’apprentissage, ni un règlement de chantier!

»Père, quand Moïse fit construire l’arche, Beséleel et Ooliab surent, que, pour plaire au Seigneur, il fallait «dix rideaux de vingt-huit coudées de long et quatre de large, en fin lin retors d’écarlate deux fois teinte», et «que chaque ais devait être assemblé à rainure et languette, et qu’il en fallait vingt du côté méridional qui regarde le vent du midi.»

»Mais quel Beséleel nous dira ce qu’il faut pour que notre œuvre, qui regarde les alizés et la mousson, soit agréable à notre Seigneur? Où est-il, celui-là à qui «le modèle a été montré sur la montagne»?

»Père, devant le grand Silence, savez-vous ce qu’ont dit beaucoup de mes frères? Ils ont dit: «L’homme est fait à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Faisons de la terre le temple de l’homme, et ce temple sera à la meilleure ressemblance du temple de Dieu. Le plan de Dieu est en nous, selon les lignes de nos désirs; et l’œuvre de nos mains, servant notre désir, est divine.»