—Six semaines, maman! s'écria Olga.

—Eh bien! n'es-tu pas contente?

—Oh! si, je vous remercie, maman, dit la jeune dissimulée, qui courut embrasser sa mère.

Une heure après, une femme de chambre mettait à la poste un petit billet ainsi conçu:

«Maman veut partir pour l'étranger, mon cher Constantin; demande un congé au ministère, et viens annoncer chez nous que ta santé exige ce voyage; il faut absolument que tu viennes avec nous. Il est hors de doute que, pendant ce voyage, nous trouverons l'occasion de parler de nos projets.»

Le message arriva à destination dans le délai convenu, et, le surlendemain soir, Ladof, en venant passer la soirée, prévint la princesse de ses projets de voyage.

—Ah! fit la princesse étonnée, nous partons aussi...

—Me permettrez-vous de vous accompagner, aussi longtemps, du moins, que ma présence ne vous sera pas importune?

La princesse fronça le sourcil et regarda Ariadne. Celle-ci, les joues couvertes de rougeur, levait sur Constantin des yeux émus et surpris. Madame Orline sourit; s'il y avait connivence, ce ne pouvait être que dans un but louable, et d'ailleurs Ariadne avait l'air bien naturellement étonné.