—Si cela vous fait plaisir, mon enfant, dit-elle, je n'y mets pas opposition.

Ariadne voulut parler, mais un flot de larmes lui monta à la gorge. Elle essuya d'un geste rapide et violent les pleurs qui l'aveuglaient, se contraignit à paraître calme, et parvint à dire d'une voix brisée:

—Je ne peux plus chanter.

—Comment? firent à la fois les trois personnes présentes.

—J'ai perdu la voix depuis plus de quinze jours.

—Tu as perdu la voix, s'écria Olga, et tu n'en as rien dit à personne!

—A quoi bon parler? fit Ariadne avec un geste de découragement, ça ne sert à rien du tout. Quand on n'a rien de bon à dire, il vaut mieux se taire.

Le silence régna. Chacun avait le cœur plein de tristes pensées.

—Vous souffrez, mon enfant? dit doucement la princesse, profondément émue à la vue du visage décoloré de la jeune artiste.