--Réaumur? hasarda Mourief.
--Certainement, Réaumur! Je ne sais trop pourquoi nous n'avions guère de dames,--on peut dire que ce fut une fête triste!
--Vraiment, répéta Pierre toujours sérieux, je ne sais trop pourquoi!
Dosia, qui avait ôté ses patins pour s'asseoir, le tira brusquement par la manche, se leva et s'enfuit. Etonné, son cousin la suivie et la retrouva dans le coin de la galerie où elle riait aux larmes.
--Pourquoi, lui dit-elle entre deux éclats de rire, pourquoi me fais-tu rire comme ça? la princesse va encore dire que je suis très-inconvenante, et, vrai, ça n'est pas ma faute.
--C'est qu'il m'amuse avec sa fête triste ce brave homme.
--Allons, dit Dosia, mets moi mes patins, je n'ose pas retourner là-bas, je crains de lui pouffer au nez.
Pierre, à genoux devant sa jolie cousine, eut bientôt fait d'attacher les courroies; il fut prêt presque en même temps, et tous deux se tenant par la main, s'élancèrent en longues courbes sur la glace.
--Où donc est Dosia? demanda la princesse.
--La voici qui patine avec M. Mourief, répondit l'aimable aide de camp. Ils sont charmants, ajouta-t-il son pince-nez d'un air connaisseur. Ils ont l'air fait l'un pour l'autre. N'y a-t-il pas anguille sous roche? fit le maladroit d'un air fin.