--Ah! princesse! fit Mourief d'un ton de reproche plus sérieux que la question ne semblait le comporter.

Sophie ne se laissa pas fléchir.

--Il en serait peut-être encore temps, continua-t-elle sans regarder Pierre.

Celui-ci garda le silence: il jouait avec la dragonne de son sabre, et le gland d'or tissé battait è coups inégaux le métal du fourreau.

Le silence se prolongeait; la princesse, devenue soudain nerveuse, froissa légèrement le journal déplié sur la table.

--Eh bien! fit-elle, voyant que Mourief ne parlerait pas.

--Je croyais, dit celui-ci à voix basse, que c'était bon pour Dosia de taquiner méchamment les pauvres mortels...

Il toussa pour s'éclaircir le gosier, mais sans y réussir. La princesse baissa la tête. Pierre continua de la même voix enrouée:

--Je ne sais pas pourquoi vous parlez ainsi, je ne l'ai pas mérité. Il me semble que je n'ai pu faire croire à personne que j'aime Dosia...

--Pour cela, non!... dit la princesse en éclatant de rire.