--Ni vous non plus, fit-elle vivement. Marché fait.
Messieurs, qu'auriez-vous dit à ma place?
--Marché fait, répondis-je.
Elle frappa joyeusement des mains.
--Ah, la bonne vie que nous allons mener, dit-elle. Quel dommage que vous partiez demain... Mais vous reviendrez bientôt?
--Certainement fis-je avec conviction.
La journée se passa très-agréablement. Mes mains avaient de temps en temps des velléités soigneusement réprimées de rôder autour de ma cousine; mais, à cela près, tout alla fort bien. Ma tante ne gronda se fille que deux ou trois fois; ses autres filles, d'ailleurs, ne lu laissèrent pas beaucoup le loisir de s'occuper d'elle. Malgré cela, je ne pus échanger une parole en particulier avec Clémentine, qui s'arrangeait toujours pour avoir quelqu'un en tiers dans nos rencontres.
IV
Le lendemain était le jour de mon départ. Dès le matin, après avoir commandé mes chevaux pour huit heures du soir, je descendis au jardin pour essayer de causer avec ma fiancée, et j'allai me poster sur cette fameuse balançoire témoin de nos serments.
Je me demandais depuis un quart d'heure, par désoeuvrement, lorsqu'elle descendit le terrible perron et vint s'asseoir auprès de moi.